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Per aspera, ad astra...

 
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Wùlong
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MessagePosté le: Jeu 28 Nov - 20:35 (2013)    Sujet du message: Per aspera, ad astra... Répondre en citant

La légende d'Ashang
  

"Ose rêver d'un ciel, où brillent encore les étoiles..." - Io l'effacé

Ashang Noire-Lune est mort il y a plus de douze-mille ans, sur un pic enneigé de Kun-Lai, un soir d'hiver. Ni jeune, ni vieux, il s'éteignait dans le froid, dans un cri bref, alors que les mogus brisaient son corps à grands coups de masse. Sa dépouille agonisante, au pelage tâché de sang, fut laissée là, dans la neige et le givre, sous le ciel malheureux moucheté d'étoiles...Ce fut sous ce toit scintillant qu'Ashang vécu ses derniers instants, incapable de se mouvoir, trop affaibli pour remuer le moindre membre de son corps. Ses forces liquidées, sa fierté mise en pièces, il scruta le ciel alors que sa vision vacillait, et contempla les étoiles.

Jamais auparavant il ne les avait vu briller avec pareille ardeur, et jamais auparavant n'avait-il sentit son coeur fondre, de joie comme de tristesse. En effet, la vue des lumières du soir l'enchantait, tant leur beauté était fantastique, fascinante... Et, devant tant de splendeur, une larme chaude coula de son oeil droit, pour s'écraser dans la neige. Puis, en sentant la douleur le submerger et ses sens s'engourdirent, il comprit que jamais plus il ne pourrait revoir la fresque calme, apaisante, que lui offraient les cieux. Et, devant cette soudaine tristesse, une larme froide, s'échappa de son oeil gauche, avant de couler sur la neige.

Et il se souvint, en admirant cette vision tantôt apaisante, tantôt douloureuse, combien il avait chéri les lueurs du ciel, dans sa vie passé. Pour aussi longtemps qu'il puisse s'en souvenir, jamais n'avait-il cessé de regarder vers la voûte céleste, et d'y guetter les lumières du vaste univers. Dans le bonheur, comme dans le chagrin, dans le bonheur comme dans la tristesse, il avait constamment détaché son regard du sol, pour le reporter vers ce monde lunaire, qui trônait, loin, là haut. Dans les heures les plus sombres, il avait scruté le vague infini à la recherche d'un guide, d'un réponse, d'un soutien bref, fugitif...Et chaque fois, il y avait trouvé au moins une lumière qui déchirait la nuit, et venait apaiser son âme, et rassurer son coeur. C'étaient les étoiles, qui dans les ténèbres les plus noires, avaient apporté à Ashang, l'espoir d'un jour nouveau.

Il se souvint aussi, des années passées dans les grandes montagnes, à admirer le ciel, jeune comme plus âgé, alors que planait le soir. Il se souvint de sa peur du noir, qu'il avait dominé en dormant sous les lumières lointaines... Il se souvint des heures passées à attendre le soleil que promettaient les astres, et des journées écoulées, où il lui tardait de revoir les étoiles... Il se souvint de sa petite vie, des petits moments comme des grands qui la composait, où jamais il n'avait cessé de regarder vers le ciel. Sa première marche dans les grandes montagnes de Kun-Lai...Ses premiers poils de barbes...Sa première bière...Ses premiers amours... Il n'en avait oublié aucun de ces moments, où il avait constamment adressé un regard aux constellations.

Il se souvint enfin des années plus difficiles... Des choses écrasantes, et constamment présentes... Il se souvint des mogus, qui asservirent son village... Il se souvint des larmes, des cris... Il se souvint des têtes basses et des nuques courbées, des genoux poussiéreux, tant ils touchaient le sol... Il se souvint du fracas des armes et des os, des torturés et des punitions... Il se souvint des regards emplis de haine, de méchanceté... Il se souvint de la misère, de la tristesse... Il se souvint des coups, des injures, du claquement du fouet et des douleurs fulgurantes...

Il se souvint des cris de rages, des poings levés... Il se souvint des éclairs et du grondement du tonnerre... Il se souvint des légions, du sol tremblant comme pris d'un séisme féroce... Il se souvint des révoltes, des tapes fraternelles dans le dos, des mots chaleureux, et des grandes acclamations... Il se souvint du tigre, qu'il avait vu en cage, des révoltés bientôt matés, des cris de joie, devenus hurlement de douleurs... Il se souvint de la haine, et du désespoir...Il se souvint de l'ombre, des nuits en geôle aux petites lucarnes...

Il se souvint que jamais, jamais, il n'avait cessé de regarder vers le ciel.

Puis, il se souvint de la lumière, revenue déchirer la nuit, comme elle l'avait toujours promis... Il se souvint de son évasion, et de ses compagnons... Il se souvint de la longue marche dans le froid, la nuit et la neige... Il se souvint du village, aperçu loin, là bas... Il se souvint des amis portés dans ses bras, alors qu'il pénétrait dans le camp, et approchait du feu... Il se souvint des sourires fatigués, et des lueurs d'espoir dans le regard... Il se souvint des jours de paix, avant la tempête... Il se souvint des jours de fuite, où il s'armèrent dans la montagne, avec ce qu'ils trouvaient... Il se souvint de la traque, et de sa première victoire sur des mogus... Il se souvint de son coeur féroce, qui en réclamait plus.

Enfin, il se souvint des attaques téméraires, des assauts plein de hardiesse... Il se souvint des pandarens libérés, et des bourreaux affrontés... Il se souvint des victoires, des petites et des grandes... Il se souvint de la joie, de l'apaisement, et du frisson du triomphe face aux tyrans... Il se souvint de la révolte dans les montagnes, et de ses grands moments... Il se souvint de son coeur, toujours plus dur, toujours plus fort, alors qu'il grandissait en un être froid et impitoyable, animé par la seule envie de vaincre, de faire chuter l'empire... Il se souvint de ces grandes révoltes parmi les esclaves se jetant sur leur maître, qui faisaient battre furieusement son coeur ! Il se souvint de tous ces moments, qui le faisaient frissonner, et lui donnaient l'impression de vivre comme jamais auparavant...

Il se souvint que les étoiles, plus qu'autrefois, semblaient briller plus ardemment, alors qu'il les admirait.

Puis il se souvint de l'empereur, triomphant, qui écrasa la rébellion... Il se souvint des légions déferlant dans les montagnes, malgré le froid, les pertes, et marchant sur le campement... Il se souvint coups sans pitié, des juggernauts qui arrachaient la vie à ses frères et soeurs, sans jamais s'arrêter... Il se souvint du massacre affamé, qui hurlait "Pas de prisonnier ! Pas de quartier !"... Il se souvint de son dernier combat, fier, où il avait terrassé bien des monstres, avant de mordre la poussière à son tour, et de s'étaler dans la neige, là où désormais, il patientait.

Ashang souffrait, alors qu'un filet de sang s'échappait de sa gueule écrasée dans la neige. Son corps était fracassé de toute part, désormais, et lui qui avait toujours été fort, se sentit profondément faible, fragile... Pourtant, en regardant les étoiles, il sentit une vague de chaleur le submerger, le rassurer... Comme si sa force resterait immortelle, toujours, inscrite quelque part dans ce monde, où il mourrait en silence... Comme si un jour, l'on se souviendrait de lui, et où sa force survivrait à travers les histoires, les légendes... Comme si un jour, d'une quelconque manière, il reviendrait... Comme si après la nuit, le jour renaîtrai...

Ainsi, Ashang sombra dans le vague, ses sens s'estompant, alors que ses sens glissaient dans un rêve profond...

Et une voix lui parla...


****
  

"Qui es-tu, toi qui ne baisse jamais les bras ?

Qui es-tu, toi qui t'es battu du premier jour jusqu'à ton dernier ?

Qui es-tu, toi qui marche droit, et continue d'avancer, même lorsque tu butte sur plus fort que toi, et trébuche devant l'obstacle ?

Qui es-tu, toi qui avance face aux montagnes, et charge face aux murailles ?

Qui es-tu, toi qui t'es durci sous le fouet et a appris à lever le poing ?

Qui es-tu, toi qui essaie encore de te relever, alors que tu gis, mort, dans la neige du Nord ?

...

Qui es-tu, toi qui regarde vers le ciel, à la recherche d'une lueur ?

Qui es-tu, toi qui contemple les étoiles chaque nuit, et ne cesse jamais de leur murmurer ?

Qui es-tu, toi qui regarde le grand univers, et rêve d'y voyager un jour ?

Qui es-tu, toi qui espère dans les ténèbres ?

Qui es-tu, toi qui, dans l'abîme, croit encore à la lumière ?

...

Tu es fort, plus qu'aucun autre... Pas parce que tes bras sont épais, et ton corps solide... Mais parce que ton coeur est dur, et ne cesse jamais de battre...

Tu es fort, plus qu'aucun autre... Pas parce que le sang d'un taureau coule dans tes veines... Mais parce que tes yeux luisent d'un feu, qui ne semble jamais s'éteindre...

Tu es fort, plus qu'aucun autre... Pas parce que ton poing est lourd et tes muscles gonflés... Mais parce que quelque chose te hurle de lutter, de frapper sans fin...

...

Pourquoi es-tu fort, toi qui lutte ?

...

Je suis fort parce que je crois...

Je suis fort parce que je vis...

Je suis fort parce que j'espère...

...

Même dans la nuit, où les dieux s'effacent ?

Oui...

Même dans la mort, où la vie s'estompe ?

Oui...

Même dans la misère, où l'avenir se terni ?

Oui...

...

Es-tu fou, toi qui crois, vit et espère, malgré l'abîme, la mort et la brume ?

...

Je crois simplement.

...

Quelle croyance peut rendre un homme si fort devant le monde ?

...

Les étoiles.

...

Pourquoi ?

...

Parce qu'elles me font croire à la lumière dans la plus longue des nuits... Parce qu'elles me font croire à l'aube, malgré l'ombre et le froid... Car elle me font croire en une lueur, même au fond de l'abîme...

Car elles sont ce feu, qui guide ceux qui sont perdus; celles qui orientent les égarés... Elles sont celles qui déchirent le voile de la nuit, et apportent à ceux qui vivent dans les ténèbres, une multitude de soleil vers lesquels se tourner, et une multitude d'espoir desquels subsister...

Vous me demandez pourquoi je crois, je vis et j'espère... Mais n'est-ce pas évident ?

Je crois, parce que les étoiles me donnent de quoi croire, et jamais elle ne m'ont abandonné...

Je vis, parce que les étoiles me donnent un objectif, un point à atteindre, pour lequel je me battrai mille fois, et mille fois encore...

J'espère, enfin, parce les étoiles me donnent une raison d'espérer. Elles me suffisent pour croire que la nuit n'est jamais noire, et que la lumière n'est jamais éteinte.

Elles me suffisent, pour qu'après le ténèbres, j'attendent la lumière.

...

Qui es-tu, toi qui espère ?

...

Ashang... Je suis Ashang.

...

Ta foi est forte, Ashang...

Si forte qu'elle a inspiré bien des hommes...

Si forte qu'elle a guidé bien des naufragés...

Si forte qu'elle a fait avancer bien des désespérés...

Si forte qu'elle a fait croire au jour, ceux qui vivaient dans la nuit...

...

Peut être que toi aussi, tu es une étoile.

_________________
We act as one, lest we perish alone...


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MessagePosté le: Jeu 28 Nov - 20:35 (2013)    Sujet du message: Publicité

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